Tabacologie au cabinet



Fumer c’est quoi ?
1° C’est un comportement, une habitude, une dépendance.
Il existe plusieurs dépendances mais 3 sont prédominantes :
– la dépendance physique, due à la nicotine contenue dans la fumée tabac
– la dépendance psychologique, celle de la gestion des émotions, et liées aux propriétés psychoactives de la nicotine
– la dépendance comportementale, liée aux besoins de la gestuelle, des situations conviviales, les réflexes conditionnés ou « automatismes »
( il existe aussi la dépendance identitaire et sensorielle)
2° C’est une exposition chronique à des milliers de substances chimiques, toxiques pour le corps et qui ont, sur un plus ou moins long terme, un impact sur la santé, sur le corps humain dans sa globalité. Les atteintes peuvent être variables et multiples selon les patients. Tout fumeur ne développera pas la même ou les mêmes pathologies que son pair.
Il existe 4 grandes familles de composants du tabac :
– les produits cancérigènes (les goudrons par exemple), à l’origine de … cancers
– les irritants, responsables d’infections ORL, de la BPCO (voir onglet sur les pathologies)
– le monoxyde de carbone, responsable de pathologies cardio-vasculaires
– les alcaloïdes : la Nicotine, responsable de la dépendance
Pourquoi arrêter de fumer ?
Chaque fumeur trouvera un intérêt propre à arrêter, mais l’arrêt permettra à chacun de prévenir l’apparition de certaines maladies, et/ou de limiter, en cas de pathologie installée, la dégradation celle-ci. Cela va permettre d’augmenter son espérance de vie et d’améliorer sa qualité de vie.
Peut-on simplement diminuer sa consommation ?
– oui, si c’est une étape vers un sevrage complet,
– non, car ce n’est pas la quantité de tabac consommée qui importe, même si en effet cela majore les risques, mais la durée d’exposition au tabac qui compte.
A noter, le tabac à rouler est plus toxique que celui des cigarettes manufacturées.
En effet, il contient plus d’additifs tels que les arômes et humectant, ce qui empêche le tabac de sécher. De ce fait il brûle moins bien et cela nécessite une température de combustion plus élevée. Ce qui entraîne une fumée plus importante avec 5-6 fois plus de particules fines, de monoxyde de carbone, de goudrons.
1 cigarette roulée vaut 2 cigarettes manufacturées.
Comment faire ?
En parler avec un professionnel de santé et formé à la tabacologie. Être accompagné sur son parcours de sevrage augmente ses chances de réussite, car le parcours est souvent long et parfois semé d’embûches
Il existe plusieurs techniques pour le sevrage, mais celle qui prime c’est la substitution nicotinique. Elle permet d’apporter au patient fumeur la dose de nicotine dont il a besoin et en évitant ainsi toutes les substances toxiques du tabac. L’association des patchs et des formes orales (gommes, pastilles, comprimés, inhaleur, spray …) est plus efficace.
Mais il ne faut pas négliger, pour ceux qui l’ont déjà utilisée, l’utilisation de la cigarette électrique, qui contient beaucoup moins de substances toxiques que dans la cigarette, et où l’on peut utiliser des liquides avec des doses variables de nicotine, elle est une aide au sevrage.
Parallèlement à cette substitution, on peut aussi utiliser des aides alternatives dites « non validées » comme l’hypnose, acupuncture, ou autre technique de médecine douce. On n’arrête pas les patchs et formes orales pour ne faire que de l’hypnose ou de l’acupuncture, ils sont un complément aux substituts.
Concrètement, au cabinet
– le tabac est évoqué lors de chaque consultation (1ère, ou de suivi)
– avec l’accord du patient, on peut fixer un 1er rdv de tabacologie, afin de faire un point complet sur le patient et sa consommation, son histoire avec le tabac, ses désirs, son expérience antérieure de sevrage (ou pas). On évalue la situation dans sa globalité. (télécharger le dossier « consultation de tabacologie » qui sera à remplir avant le rdv et à rapporter le jour du rdv)
Puis si le patient le souhaite, on débute un traitement par substitution nicotinique (patch et formes orales) avec un suivi rapproché afin de réévaluer (rapidement puis un peu plus espacé) la prescription en cherchant son ressenti sur la période écoulée, les effets bénéfiques, les difficultés rencontrées … On réajuste si nécessaire, on valorise, on dédramatise au besoin, il n’y a pas d’échec à un écart ou à « rechuter », et on refixe un rdv de suivi.
Le tabacologue n’a pas de « baguette magique » mais il a des outils, il accompagne en soutenant le patient dans sa démarche, en réajustant la substitution nicotinique, et en guidant le patient afin qu’il trouve ses propres solutions pour ne pas fumer dans telle ou telle situation (qu’elle soit liée à un état émotionnel ou à un automatisme). C’est un parcours, qui se fait pas à pas.
On peut compléter la prise en charge par en cas d’échec après un premier traitement introduire les nouveaux traitements qui aide au sevrage du tabac.
